Elle le savait. Elle l’avait toujours su. Voilà qui expliquait tout : la lettre, la disparition, tout. L’homme qu’elle avait en face d’elle avait connu son grand-père, peut-être mieux que quiconque.

Elle avait une fois de plus mille questions à poser mais il lui fallait se concentrer sur la plus importante.

— Est-ce que…est-ce qu’il est encore en vie ?

Son cœur se brisa lorsqu’elle vit Garic baisser les yeux.

— J’en doute. Quand il est revenu, il n’avait déjà plus toute sa tête. Au début, il ne m’a même pas reconnu. Il marmonnait des choses qui n’avaient aucun sens. Il a été obligé d’utiliser son propre pouvoir pour parvenir à tenir un discours cohérent. Après t’avoir désignée, il m’a dit au revoir et m’a conjuré de prendre la suite. C’est pour ça que je suis là.

Pendant que Léonore accusait le coup, James qui avait également son lot de questions prit la parole.

— On peut faire ça avec un pouvoir d’Enlumineur ? Guérir d’une maladie dégénérative ? demanda James intrigué.

Garic dodelina en faisant une grimace.

— L’Enlumineur a le pouvoir de faire apparaître tout ce qu’il désire pour une durée limitée dans le temps.

— Pratique ! dit Léonore en émettant un sifflement d’admiration.

— Et ? Je ne vois pas en quoi ça peut aider ! dit James, plus pragmatique.

— Lui si. Il a profité d’un moment de lucidité pour se dessiner un cerveau de secours sur lequel il s’est branché. Et pendant un temps, il était redevenu l’ami que j’ai toujours connu.

James et Léonore se regardèrent d’un air incrédule. Était-ce là le pouvoir qui était promis à la jeune femme ? Si tel était le cas, elle serait bientôt incroyablement puissante.

— Je sais à quoi vous pensez, mais ne vous faites pas d’illusions. Même avec un pouvoir immémorial, il faut une immense maîtrise pour parvenir à générer des choses aussi complexes. Je ne suis pas très malin mais il m’a expliqué comment une tête fonctionne, c’est incroyable.

— Comment il a fait ça ?

— Il m’a dit qu’il avait des photos. Des centaines. Provenant d’une machine de chez vous qui sert à prendre des images de l’intérieur du corps. Il m’a dit qu’il avait prévu ça dès que les premiers symptômes de sa maladie s’étaient manifestés, et qu’il y avait travaillé pendant des années.

— Voilà qui explique le temps qu’il passait parfois, enfermé dans son atelier comme un moine copiste dans sa cellule. Ainsi que le bon million de bouquins sur la médecine et le corps humain qu’il avait dans sa bibliothèque ! dit Léonore.

— Je les ai vus. C’est la première chose qui m’a frappé quand nous sommes entrés dans l’atelier. Avant le corbac, même.

— Bref, vous devez comprendre que matérialiser une création de cette ampleur lui a coûté très cher, à la fois physiquement et au niveau de sa réserve magique. Après cela, il était plus mort que vif. Je l’ai enterré moi-même, je peux vous montrer l’emplacement.

Léonore se leva d’un bond et se mit à faire les cent pas. La déferlante de culpabilité qui la submergeait menaçait de faire sauter ses dernières défenses. Bon-Papa avait sacrifié ce qu’il lui restait de vie pour pouvoir la recommander à Skülvvh, cette idée résonnait dans sa tête encore et encore tandis que Stéphane qui semblait trouver marrant de la suivre partout s’affairait à l’imiter.

— En gros, c’est comme dans un jeu. On engrange de l’expérience et puis on gagne un niveau qui nous octroie plus de points de vie et agrandit notre jauge de magie ? lança James à l’attention de Garic.

— Je ne comprends pas trop ce que tu racontes gamin, mais je comprends le sens de ta question. Owen a en effet vécu une très longue vie et c’est ce qui lui a permis de transcender son pouvoir ainsi que sa résistance, mais je doute que Léa… Léonore puisse y parvenir. Pas avant longtemps du moins.

— Je vois. Dommage. Et tant que j’y suis, je voulais savoir : que sais-tu du corbeau ? Celui qui nous a aidés dans la forêt.

— Autant que toi. Moins, même.

— Donc ce piaf ne fait pas partie de la faune qui peuple R’jah ?

Garic secoua la tête.

— Depuis les deux cataclysmes, il ne reste essentiellement ici que des Globorks depuis que les Hvrok ont attaqué. Parmi les oiseaux, il y a bien encore quelques Blagarrgl, mais ça ressemble davantage à un héron qu’à un corbeau.

— Des quoi ?!

— Des Blagarrgls. C’est une espèce d’échassier dont le bec est toujours large ouvert. Quand il pleut, l’eau remplit son gosier et il émet un bruit de gargarisme très particulier. Nous en croiserons forcément.

— En effet ça n’a pas grand chose à voir. Et d’ailleurs, je me demande comment une telle espèce a pu survivre si longtemps, c’est complètement con comme animal.

— TGCM !

James regarda son interlocuteur avec un air de surprise. De tous les événements qu’il avait vus se dérouler, sur R’Jah et ailleurs, le plus incroyable de tous venait d’arriver sous ses yeux.

Garic de Kur venait de faire un trait d’humour.

Léonore s’était rassise. Elle le dévisageait. Stéphane sembla déçu qu’elle décide de ne pas jouer avec lui plus longtemps. Il lâcha un « bork » de circonstance et alla se rendormir près de James.

— Tu disais qu’il était ton ami…

— Tu dis vrai.

— Ton meilleur ami.

— C’est exact.

— On ne se fait pas un meilleur ami en quelques jours. Combien de temps a-t-il passé ici en tout ?

— Je ne peux quantifier que le temps qu’il a passé ici avant la mort de Derleth. Environ cinq de nos années terrestres.

CINQ ANS ?!

— C’était bien avant que ta mère ne naisse. Arthur et lui avaient à peu près votre âge quand ils sont arrivés ici. Ils se sont entraînés longtemps pour vaincre Asrà et les Hvrok. Si le premier n’a pas pris une ride, Owen, lui, a continué de vieillir lorsqu’il a fui R’Jah.

— Donc si nous restions ici pour toujours, nous serions…

— Immortels, oui. À moins que vous ne soyez tués bien sûr.

— Attends Garic, tu as l’air d’être un peu plus âgé que nous mais tu n’es clairement pas de la même époque. Du coup, quel âge as-tu exactement ?

— Je ne sais pas. J’ai perdu le compte.

[ Deux mille sept cent trente-trois ans. ]

Léonore en eut le vertige. Était-il seulement possible de vivre aussi longtemps sans devenir complètement fou ? Elle n’eut pas le temps d’y réfléchir.

La seule indication fut l’éveil immédiat de Stéphane. Il n’y eut pas de flash. Aucun bruit. Pas de manifestation magique, de changement de température ni même d’incantation. Le temps d’un clignement d’yeux, ils avaient changé d’endroit.

La plaine au milieu de laquelle trônait le tumulus avait disparu en faveur d’un décor montagneux. Autour de James et Léonore se massaient à présent une bonne centaine de Globorks. Mâles, femelles, enfants, et même quelques œufs s’étaient réunis pour les accueillir. Le bruit des borborygmes poussés par les curieuses bestioles rappela à Léonore les conversations d’une foule sur un marché. Certains borkaient de façon accueillante, tandis que d’autres semblaient plus craintifs, voire même agressifs. D’autres encore, bien plus téméraires, n’hésitèrent pas à approcher leurs tentacules des nouveaux venus, essayant de les palper comme s’ils voulaient vérifier la bonne intégrité physique de leurs visiteurs.

— Woputain ! s’exclama James lorsque l’un d’entre eux le frôla.

Il fit mine de vouloir se lever, mais Léonore l’en empêcha d’un geste.

— Ne bouge pas, ils sont juste curieux. Regarde-les ! murmura-t-elle.

— Je veux bien mais j’ai pas envie de me faire sonder moi ! répondit-il sur le même ton.

— Ferme-la gamin. Ils ont une mémoire génétique. Même les plus jeunes délibèrent encore pour savoir si tu es comme Owen ou comme Arthur. Je serais toi, je filerais doux pour un moment.

— T’as toujours l’art de te montrer rassurant toi ! marmonna James en tâchant d’afficher une expression plus détachée.

— Ta gueule, veux-tu ? Je te rappelle qu’un seul d’entre eux est capable de te faire la peau en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire alors écoute-moi pour une fois ! gronda Garic.

D’innombrables tentacules s’approchaient du visage de James au moment où Stéphane s’interposa. Il fit un signe de tête à James pour l’inviter à se lever en dépit des avertissements du guerrier.

— T’es sûr mon pote ?

James se tourna vers Garic qui secouait la tête lentement et le fusillait d’un regard réprobateur, puis vers Stéphane qui au contraire acquiesça d’un « bork » qui se voulait rassurant. Dans le doute, il choisit de faire confiance à son instinct et se leva lentement. Trois Globorks qui étaient à proximité immédiate firent un bond en arrière lorsqu’il bougea tandis qu’une clameur vocifératrice émana de la foule. Mais Stéphane intervint alors à nouveau.

— Bork ! Gobork gobogbork !

Les voix se réduisirent à des chuchotements le temps que James se mette sur ses pieds. Lorsqu’il fut debout, il se gratta nerveusement les cheveux, ne sachant que dire. Quand Stéphane lui fit un nouveau signe de tête, il regarda Léonore dans l’espoir d’obtenir son approbation. Lorsqu’elle hocha la tête à son tour, il essaya une prise de contact hasardeuse.

— Euh… Bog…bork ?

Et cette fois, toutes les voix se turent. Assez longtemps pour que James ait le temps de regretter sa tentative.

Soudain, une exclamation favorable se fit entendre. Il s’agissait d’un vieillard au premier rang. De son tentacule, il lissait sa longue barbe blanche avec un air de malice. Sur sa tête était posé un chapeau pointu qui rappelait à Léonore celui des gamines déguisées en sorcières qui venaient sonner chez elle pour Halloween. Ne faisant ni une, ni deux, le reste de la foule en liesse se joignit à lui dans une déferlante de « Bogbork ».

— C’est leur chef ? demanda Léonore à Garic.

[ C’est Brikabork ! ] s’exclama Angra.

— Brika..?

[ L’un des rares Globorks à porter un nom. Jusqu’à ce que les humains arrivent sur R’Jah, ils n’avaient jamais entendu parler d’individualisme. C’est votre race qui leur a offert la possibilité de se différencier à l’aide de noms. Quand un humain nomme un Globork, celui-ci le voit comme un grand honneur, et acquiert de la même façon une espèce de popularité aux yeux des autres. ]

— Un peu comme Stéphane avec James ?

— Bork ! approuva Stéphane.

— Mais du coup, qui a nommé Brikabork ?

[ Owen. Brikabork et lui étaient très liés. ]

Léonore se leva à son tour, précautionneusement. Imitant James, elle prononça le « Bogbork » d’usage et fit une petite révérence, immédiatement suivie par un accueil chaleureux de la part des créatures attroupées. Une fois le consentement reçu, elle s’approcha de Brikabork et se pencha légèrement pour se mettre à sa hauteur.

— Tu as connu Bon-Papa, pas vrai ? Je m’appelle Léonore, et je suis ravie de te connaître.

— Bork ! répondit le vieillard avec entrain.

De son tentacule, il enserra délicatement la main de la jeune femme et la secoua par trois fois sous les acclamations de ses congénères.

Campé derrière eux, Garic ne semblait pas partager la joie du groupe. S’il était positivement surpris de la façon dont ses deux protégés s’en étaient tirés, il savait qu’un recadrage s’imposerait bientôt pour leur bien à tous.

— Bon, c’est pas tout ça, mais on peut voir Skülvvh maintenant ? demanda James.

Garic pointa dans son dos la titanesque masse noire qui occultait la plus grande partie du ciel.

— Il supporte vos singeries depuis un bon moment maintenant.

James leva les yeux. Puis la tête. Et enfin, il se cambra à la limite de ce que ses reins pouvaient accepter. Insuffisant. Il tomba à la renverse.

Devant lui se trouvait le plus immense Globork qu’il ait jamais contemplé. À vue de nez, il devait faire la taille d’un immeuble de quarante étages. Sans doute même davantage. Il était coiffé d’une paire de cornes majestueuse et d’une couronne rutilante ornée de joyaux. De sa toison tombaient des œufs de Globorks à intervalle régulier. Arrivés au niveau du sol, ceux-ci déployaient une espèce de ressort les empêchant de s’écraser, puis bondissaient dans tous les sens. De la toute puissance de sa voix, l’immémorial se mit alors à chuchoter.

— BOGBORK JIMMY, ÇA VA GROS ?!

Quand il parla, Léonore eut l’impression que ses tympans allaient éclater. Même si Garic ne bronchait pas, elle voyait bien que l’exercice lui était pénible également. Quant à James, il se roulait littéralement au sol en se tenant le crâne entre les mains. Lorsqu’elle adressa la parole à Skülvvh, elle se rendit compte que le son avait été tellement assourdissant qu’elle n’entendait même plus celui de sa propre voix.

— Bogbork, ô Skülvvh. Nous sollicitons une audience auprès de toi. Par contre, tu peux baisser un peu le volume ? On va y rester nous ici.

— LOL ! DONNE-MOI UN INSTANT SINON VOUS ALLEZ FINIR AUSSI SOURDS QU’UN ADO DE DOUZE ANS QUI SE PALUCHE TROP DANS SA PIAULE !

James et Léonore virent l’Immémorial rétrécir à vue d’œil, jusqu’à ce qu’il ne soit pas plus gros que Stéphane. Celui-ci semblait d’ailleurs trouver la situation fort amusante et utilisait son tentacule comme un mètre ruban pour comparer la taille de son dieu avec la sienne. Quand Skülvvh se râcla la gorge et prononça ses premiers mots, ce fut avec une force tout à fait acceptable pour les oreilles humaines.

Mi Mi Mi Mi Miiiiii ! Un, deux. Un, deux. C’est bon là les esgourdes ?

— Parfait, merci ! répondit Léonore avec reconnaissance.

Au moins l’aut’ baltringue d’Arthur n’entendra pas ce qu’on a à se dire. Y me fait suer lui, avec ses masques à la con.

— Skülvvh, je te les ai amenés comme demandé…

J’ai un gros œil, espèce de couillon. Tu penses bien que je m’en rends compte !

James pouffa, ce qui lui valut un regard noir de la part de leur guide.

— Bref. Tu les as vus combattre, tu les as vus évoluer. La suite de la phrase c’était « Est-ce que tu les juges dignes de ton pouvoir ? »

Skülvvh se tourna vers Léonore, puis vers James. Il les scruta un long moment avant de répondre d’un simple mot.

Non.

C’en fut trop pour James. Il approcha de Skülvvh et empoigna sa toison.

— James, non ! s’écria Léonore, paniquée.

— Écoute bonhomme, TU nous as fait venir jusqu’ici, TU nous as mis sur le chemin d’Arthur, TU as vu qu’on lui avait foutu la trouille de sa vie. Alors tu veux quoi de plus ?!

— Comment ça, il nous a mis sur le chemin d’Arthur ? James, explique-toi !

— Ce salopard a gueulé sur toute la surface de ce monde que nous étions arrivés. Rappelle-toi, il a aussi dit où nous avions atterri. Il nous a hurlé qu’un guide se présenterait. Il savait qu’Arthur en profiterait. Et comme Garic vient de le dire, il nous a vus combattre. En résumé, il l’a fait exprès !

Bien joué Jimmy. Tu es aussi doué qu’Arthur.

— ARRÊTEZ AVEC CES CONNERIES ! JE NE SUIS PAS ARTHUR. JE SUIS JAMES BERRY ET J’EN AI RAS-LE-CUL D’ÊTRE COMPARÉ À CE MONSTRE ! MAINTENANT, TA GUEULE ET EXPLIQUE !

Je ferme ma gueule ou j’explique ? Bon. Il fallait bien que je vous teste, toi et Lonnie. Sur le plan de l’ingéniosité et du courage, vous êtes top moumoute. Mais pour scinder mon pouvoir entre deux personnes, ça ne suffit pas.

— Que faut-il que nous fassions pour que ça marche ? demanda Léonore qui se rendait de plus en plus compte qu’elle désirait plus que tout prendre la suite de son grand-père.

C’est pas comme si je faisais tout le boulot. Il faut que le flux puisse passer entre vous aussi. Et pour ça j’ai besoin de vous connecter pendant quelques instants. Et pendant le processus, vous serez un peu comme des âmes soeurs. Mais pas comme cette blague daubée du cul qu’on voit dans « Twilight ». Ce sera la full experience !

— Donc, si je comprends bien, il saura tout ce que je pense et vice versa ?

Ouaip, et c’est ce qui est problématique vu que vous êtes un gros duo de mythos ! Vous vous baratinez en permanence ! Je peux comprendre qu’il y ait une inimitié, mais la malhonnêteté, ça bloque tout le bordel.

Léonore comprit ce qu’elle avait à faire et s’exécuta sans la moindre hésitation.

— OK. Très bien. On déballe tout.

La jeune femme était tellement déterminée qu’elle n’entendit pas James déglutir à quelques mètres d’elle.

— James Berry, la première fois que je t’ai rencontré, je n’avais jamais dessiné pour quelqu’un contrairement à ce que je t’ai raconté. Je suis désolée.

James hocha la tête en se mordant l’intérieur de la joue jusqu’au sang. Il savait ce qui s’en venait. Si c’était ainsi qu’il fallait que les choses se déroulent, ainsi en serait-il.

— Léonore Campbell, à l’origine je ne voulais pas t’aborder par intérêt pour tes peintures mais uniquement car tu me semblais triste. Tu me faisais de la peine. Je suis désolé.

Les lèvres pincées, Léonore accusa le coup. Mais le plus difficile pour elle restait à venir. Elle commença petit.

— James Berry, je ne déteste pas tant que ça que tu m’appelles Lonnie. Je trouve ça plutôt mignon….ch’uis désolée.

— Léonore Campbell, j’ai détesté la dinde aux marrons que tu as préparée à Noël dernier, c’était le truc le plus immonde que j’ai jamais avalé. La bière de notre dernière soirée y compris. Je ne suis pas du tout désolé, c’est toi qui devrais l’être !

Léonore se mit à rire. C’était James tout craché. Il avait toujours menti pour lui donner confiance en elle. Il était temps de lâcher la grosse bombe, après tout c’était ce qu’elle avait prévu avant même le début de cette aventure.

— James Berry, je suis amoureuse de toi depuis trois ans, et je dépéris à l’idée que tu ne partages pas mes sentiments… Je suis désolée…d’être une femme.

James fut tellement surpris par cette révélation qu’il ne pensa pas à peser ses mots lorsqu’il se confessa à son tour. Il était donc bien le destinataire des sentiments de la jeune femme. Le cœur battant, il avoua tout sans y penser à deux fois.

— Léonore Campbell, je ne suis pas gay. Quand je t’ai rencontrée, je suis tombé fou amoureux de toi et j’ai paniqué avec un grand « P ». J’ai d’abord voulu éclaircir les choses, puis je me suis rendu compte que j’étais plus à l’aise sans tension sexuelle entre nous. Comme nous devions travailler ensemble, j’ai menti depuis le premier jour par facilité. Je t’ai fait souffrir par égoïsme, et je suis tellement désolé.

À peine eut-il prononcé ces mots qu’il sentit un énorme poids se dégager de ses épaules. Toute la culpabilité enfouie durant toutes ces années venait de disparaître. Il ne s’était jamais senti aussi bien de toute sa vie et c’était un sentiment merveilleux.

Du moins jusqu’à ce que le poing fermé de Léonore vienne s’écraser sur son nez avec une violence que Garic de Kur lui-même jurera bien plus tard être incapable de reproduire. Le visage en sang, les fesses endolories sur le sol froid et dur, James se tenait le nez dans les mains. À travers les larmes que lui avait provoqué le choc, il regarda Léonore et vit sur son visage toute la froideur de la haine qu’elle éprouvait désormais pour lui. Tandis que Stéphane s’interposait entre eux pour prévenir un second coup, James lut dans son regard qu’elle ne lui pardonnerait pas ce mensonge-là.

Roh putain la torgnole ! Je like ! Bon allez, pas que ça à foutre, on commence !

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Psalmodiez pour la gloire de Skülvvh

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